
PDRN et REJURAN® : que sait-on vraiment ?
Ce que sont ces injections, ce que disent les études, et leurs limites.
À retenir
C’est quoi, le PDRN ?
Le PDRN est obtenu à partir d’ADN de saumon ou de truite, très purifié pour éliminer ce qui pourrait provoquer une réaction immunitaire.[1] On parle aussi de « polynucléotides » : les deux termes sont souvent employés l’un pour l’autre, alors qu’ils peuvent désigner des fragments de tailles différentes.[2] REJURAN® est le nom d’un produit de ce type, fabriqué par la société coréenne PharmaResearch.[7]
Non, cela ne modifie pas votre ADN : les mécanismes décrits passent par un récepteur de surface des cellules et par le recyclage de petites briques de matière, pas par un apport génétique.[1]
Ce qu’on lui attribue
- Calmer l’inflammation et aider la réparation de la peau, par l’activation d’un récepteur cellulaire.[1]
- Stimuler les cellules de la peau, qui fabriquent alors davantage de structures de soutien.[1]
- Favoriser la cicatrisation : c’est l’effet le plus constant dans les études.[4]
Ce que montrent les études chez l’humain
Pour REJURAN® précisément, une étude de 2026, un côté du visage traité et l’autre non, après une séance de radiofréquence, rapporte une peau qui récupère plus vite et une meilleure satisfaction. En revanche, l’épaisseur de la peau et son élasticité n’étaient pas significativement différentes à six semaines.[6]
Ce qu’ils ne font pas : combler un creux (l’acide hyaluronique reste supérieur[5]), ni remplacer un diagnostic ou la protection solaire.
REJURAN® : le visage
Indications. Peau terne, déshydratée, manque d’élasticité, texture irrégulière, fines rides, ou récupération après un acte comme la radiofréquence.[3][6] Tarif : 350 €.
Avantages
- Agit sur la qualité de la peau (hydratation, élasticité, finesse des rides) sans ajouter de volume.[3][5]
- Résultat naturel, qui ne transforme pas les traits.
- Peut accompagner un autre soin pour aider la peau à récupérer.[6]
Inconvénients
- Plusieurs séances sont nécessaires, puis un entretien.
- Rougeur, gonflement ou petit hématome passagers possibles après les injections.
- Ne comble pas un creux et ne corrige pas un relâchement marqué.[5]
REJURAN® i : le contour des yeux
Indications. Peau fine et frippée du contour des yeux, ridules, pattes d’oie, aspect « crêpé » de la paupière inférieure. Une étude, avec un autre produit à base de polynucléotides, a observé une amélioration de l’aspect de la paupière inférieure et des pattes d’oie.[8] Tarif : 300 €.
Avantages
- Cible une peau très fine, là où un produit de comblement n’est pas toujours souhaitable.[5]
- Améliore la texture de la peau sans effet de volume.[5][8]
- Effets secondaires décrits comme minimes dans l’étude citée.[8]
Inconvénients
- La peau étant très fine, un petit hématome ou un gonflement passager est possible.
- Ne traite pas les poches ni les cernes creusés, qui relèvent d’un problème de volume.[5]
- Plusieurs séances sont nécessaires, puis un entretien.
Précautions
Comme tout acte injectable, il peut provoquer rougeur, gonflement, hématome, et plus rarement infection ou allergie. L’acte doit être réalisé par un médecin formé.
En consultation
La première question n’est pas « quel produit ? » mais « quel objectif ? ». Selon votre peau, les polynucléotides peuvent faire partie des options, ou ne pas être la bonne réponse. Voyez aussi nos pages sur les skinboosters, le Profhilo® et la mésothérapie du visage. Cette page est informative et ne remplace pas une consultation.
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Prendre rendez-vousQuestions fréquentes
C’est quoi le PDRN ?
Le PDRN (polydésoxyribonucléotide) est un mélange de fragments d’ADN purifiés, le plus souvent extraits de la laitance de saumon ou de truite. Injecté dans la peau, il est étudié pour ses effets sur la cicatrisation et la qualité de la peau.
Quelle différence entre PDRN, polynucléotides et REJURAN® ?
PDRN et polynucléotides sont deux termes proches, souvent utilisés l’un pour l’autre : ils désignent des fragments d’ADN purifiés, de tailles variables. REJURAN® est le nom d’un produit à base de polynucléotides, parmi d’autres produits du même type.
L’ADN de saumon modifie-t-il mon ADN ?
Non. Les mécanismes décrits dans la littérature passent par l’activation d’un récepteur à la surface des cellules et par le recyclage de petites briques de matière, pas par un apport d’information génétique. Les fragments sont purifiés pour retirer les protéines susceptibles de provoquer une réaction immunitaire.
À quoi servent les injections de polynucléotides ?
Elles sont surtout étudiées pour améliorer la qualité de la peau (hydratation, élasticité, finesse des rides) et pour la cicatrisation après certains actes. Elles ne comblent pas un creux et ne remplacent pas un lifting.
Les polynucléotides remplacent-ils l’acide hyaluronique ?
Non, ce ne sont pas les mêmes objectifs. L’acide hyaluronique reste supérieur pour corriger un volume. Le choix se fait en consultation, selon votre visage.
Combien de séances faut-il ?
Le protocole est de 3 séances à 1 mois d’intervalle, puis d’une séance d’entretien tous les 4 à 6 mois.
Est-ce douloureux ? Y a-t-il des effets secondaires ?
Une gêne est possible pendant les injections. Les effets secondaires rapportés dans les études sont généralement légers et passagers (rougeur, gonflement, petit hématome). Comme pour tout acte injectable, une infection, une allergie ou une complication rare restent possibles.
Une crème au PDRN a-t-elle le même effet qu’une injection ?
Ce n’est pas comparable. Les études citées sur cette page portent sur des injections dans le derme, réalisées par un médecin. On ne peut pas leur attribuer les mêmes résultats pour un produit appliqué sur la peau.
Qui ne doit pas se faire injecter de polynucléotides ?
Il faut notamment signaler une infection ou une lésion cutanée sur la zone, une allergie connue (dont celle au poisson), une grossesse ou un allaitement, ou un trouble de la coagulation ou de la cicatrisation. Seul un examen médical permet de trancher.
Quel est le tarif de REJURAN® ?
REJURAN® visage : 350 €. REJURAN® i (contour des yeux) : 300 €. Le médecin précise le protocole en consultation. Voir les tarifs
Sources
- Squadrito F, et al. Pharmacological Activity and Clinical Use of PDRN. Front Pharmacol. 2017;8:224. Revue de la littérature. DOI : 10.3389/fphar.2017.00224
- Marques C, et al. From Polydeoxyribonucleotides (PDRNs) to Polynucleotides (PNs). Biomolecules. 2025;15(1):148. Revue narrative ; plusieurs auteurs sont salariés de sociétés du secteur. DOI : 10.3390/biom15010148
- Lampridou S, et al. The Effectiveness of Polynucleotides in Esthetic Medicine: A Systematic Review. J Cosmet Dermatol. 2025;24(2):e16721. 9 études, 219 patients, qualité faible à moyenne. DOI : 10.1111/jocd.16721
- Alhussain AM, et al. Polynucleotides and PDRN for Skin Rejuvenation, Scar Prevention and Wound Healing: A Systematic Review of Randomized Clinical Trials. Cureus. 2026;18(7):e112403. 7 essais, 183 participants. DOI : 10.7759/cureus.112403
- Khan RS, Hafeez K. Hyaluronic Acid Fillers Versus Polynucleotides for Under-Eye Rejuvenation. J Clin Med. 2026;15(13):4971. Revue critique, études hétérogènes. DOI : 10.3390/jcm15134971
- Kim J. A Prospective Split-face Trial Evaluating Skin Recovery and Enhancement with Polynucleotide (Rejuran) Following Fractional Needle Radiofrequency. Plast Reconstr Surg Glob Open. 2026;14(9):e8109. Suivi de 6 semaines. DOI : 10.1097/GOX.0000000000008109
- Communiqué du fabricant, information de nature commerciale, non évaluée par des pairs : PharmaResearch, IMCAS Paris 2024. Lien vers le communiqué
- Ziade G, et al. Prospective Observational Study of Polynucleotide Injections for Periorbital Rhytides. J Cosmet Dermatol. 2026;25(2):e70736. 42 patients, produit autre que REJURAN®, suivi de 6 mois. DOI : 10.1111/jocd.70736